Anousha Nazari
La voix de la liberté !
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Anousha Nazari
La voix de la liberté !
Après avoir chanté en choeur dans les plus prestigieuses salles d’Iran, Anousha Nazari a choisi la France pour devenir soliste mezzo-soprano, un métier qu’elle ne pouvait pas exercer dans son pays natal. De récitals en concerts dans les salles les plus renommées d’Europe, de Chine et de Thaïlande, d’albums en projets artistiques, elle crée son propre répertoire teinté de ses influences persanes et occidentales. La CEIDF soutient la production du prochain album de cette artiste audacieuse qui a su conquérir sa liberté.
Anousha Nazari a quitté son pays natal, l’Iran, pour devenir soliste. Admise dans plusieurs choeurs, sélectionnée par l’Orchestre symphonique de Téhéran – le plus prestigieux du pays – et auréolée de plusieurs prix en catégorie choeur, la chanteuse mezzo-soprano y est pourtant promise à un bel avenir. Mais chanter en choeur de grandes oeuvres du répertoire, si belles soientelles, ne suffit pas à la combler.
Bercée par la voix de la grande Callas, elle rêve de chanter seule sur scène, ce qui est proprement interdit aux femmes en Iran. Dès lors, une seule voie s’impose à elle pour exprimer sa voix : l’exil.
Sans hésitation, elle quitte, à 25 ans, famille et amis pour la France. Elle y affine son art auprès des chanteurs lyriques Jean-François Rouchon et Aurélie Lobbé.
Nourrie de poésie
Qu’emporte-t-elle dans ses bagages ? Tout ce qui forge son identité, son amour pour la musique classique, la culture et les mélodies persanes, et son goût pour la poésie, un art très populaire en Iran. « Du grand public aux personnes lettrées, tout le monde récite des vers. C’est un art vivant qui se transmet de génération en génération par voie orale, se chante entre amis et en famille », raconte celle qui est bercée par la musique depuis son plus jeune âge. Pas un matin, un soir ou un week-end sans que son père, féru d’art comme sa mère, ne mette une cassette de musique classique occidentale ou traditionnelle iranienne.
À 16 ans, Anousha Nazari « tombe amoureuse de la musique » en lisant le roman Jean-Christophe de Romain Rolland. La musique se révèle à elle comme essentielle à sa vie. La voie de la raison fait choisir à cette matheuse l’architecture à l’université de sa ville natale, Sari, dont elle sort diplômée en 2012. Mais son coeur bat pour la musique. Elle suit donc des cours de piano, de chant et de musique classique dans des académies privées, en parallèle de son parcours universitaire.
Tracer son propre chemin
Comment se faire une place en France ? Passionnée et déterminée, Anousha Nazari trace son propre chemin par des créations originales. Le récital lui offre toutes les libertés et exprime au mieux son authenticité et sa singularité : « Dans ce format, je choisis ce que je chante, je suis complètement libre de mon interprétation, avec ma sensibilité, mes émotions, ma façon de penser et mon âme. » Très vite se dessine son identité musicale et vocale, inspirée par la musicalité de la poésie iranienne et par la musique classique. « Je choisis des oeuvres qui me permettent d’explorer et de fusionner ces deux mondes musicaux. Mais c’est l’envie d’approcher la beauté qui m’anime. La beauté est l’élément essentiel et moteur de mon travail. Elle est, à mes yeux, universelle, n’appartient à aucun pays ni à aucune culture en particulier », précise-t-elle.
« La beauté est universelle. Elle n’appartient à aucun pays ni à aucune culture en particulier. »
Une beauté qui transparaît dans ses deux albums. Dans Sounds of Ancestors (2021), hommage vibrant à ses origines, elle chante des mélodies persanes du XXe siècle, inspirées par les vers des grands poètes classiques iraniens. Son deuxième disque, In vino veritas : hommage à Khayam (2024), est le fruit d’une création pour voix, clarinette et piano de quatre compositeurs iraniens contemporains, à qui Anousha Nazari a transmis des quatrains de ce poète, astronome et philosophe persan du XIe siècle. « Sa poésie touche l’essence même des choses, en quête éternelle de l’instant présent. » Ces deux albums donnent lieu à des récitals et à des concerts.
En tournée avec le Labyrinthe baroque
L’une de ses dernières créations est le Labyrinthe baroque, avec Antoine Morinière, guitariste classique. Un voyage sur les chemins de la musique baroque où les oeuvres de Haendel, Dowland et Strozzi se mêlent aux mélodies captivantes du compositeur iranien du XVe siècle Maraghi, sur des vers du poète Rumi (XIIIe siècle). Après l’Allemagne, l’Angleterre, la Suisse, l’Écosse, Chypre, la Chine, la Thaïlande, ce concert continue sa tournée internationale, mais aussi hexagonale. Précipitez-vous !

Ici à la Nuit de la voix, à l’Opéra de Paris-Palais Garnier, sous la direction de Bar Avni.
Appelée par les plus grandes salles, Anousha Nazari s’est produite à la Philharmonie de Paris, à la Philharmonie am Gasteig de Munich, au Théâtre Marigny, à la Salle Cortot, aux Beaux-Arts de Paris et à l’hôtel de Lauzun.
AGENDA :
• 27 JUIN : Les Étoiles du classique, Saint-Germain-en-Laye
• 10 JUILLET : La Saison du cloître, Chalon-sur-Saône
• 23 AOÛT : Les Nuits lyriques de Marmande
LABYRINTHE BAROQUE :
• Hourtin (03/07), festival Jeux d’eau
• Giens (31/07)
• Combret (14/08)
• Landes (20/08)
BIO EXPRESS :
Propos recueillis par Marie-Laure WALLON
En savoir plus : www.anoushanazari.com
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