Interview
Pascal Légitimus

Pascal Légitimus

Entretien très sérieux avec un homme qui sait faire rire.
Humoriste, comédien, auteur, réalisateur, producteur...Pascal Légitimus cumule les talents.

Interviewé en 2006 pour Sociétariat Magazine, Pascal Légitimus a de nouveau accepté de répondre à nos questions. Nous avons évoqué ses derniers films, ses spectacles, les téléfilms et séries pour la télévision ainsi que ses projets.

Grand et petit écran

En 8 ans, Pascal Légitimus a été très occupé. A son actif, plusieurs films, dont le dernier en date, “Les trois Frères, le retour” réunit la mythique équipe des Inconnus. Pourquoi avoir attendu près de vingt ans pour tourner le 2e volet de la vie des frères Latour ? “Chacun a vaqué à ses occupations, il nous manquait l’envie de le faire. L’envie, c’est l’essence dans la voiture et puis c’est devenu une évidence de se faire plaisir et de contenter notre public ”, préci-se-t-il. Parmi les films, citons entre autres “Madame Irma” ( 2006 ), où il retrouve Didier Bourdon, “Demandez la permission aux enfants” ( 2007 ), aux côtés de Sandrine Bonnaire.  
À la télévision, il multiplie les apparitions : il joue le rôle principal dans deux séries, “Ma femme, ma fille et deux bébés” et “Les tricheurs”, fait un tour dans “Fais pas ci, fais pas ça” et “Scènes de ménage”, le Palmashow dans les “Very Bad Blagues”, endosse le rôle du directeur dans la série “VDM”... Bref, il est très sollicité mais fait les bons choix de cœur et de qualité.

Sujets de prédilection

Depuis les Inconnus, le monde a changé : est-ce que certains sketchs de cette période feraient toujours rire ?  “Pour reprendre Jean-Jacques Rousseau, le comédien a une fonction sociale . Nous avons besoin d’humour dans notre monde défaillant ”. Les humoristes disent tout haut ce que les gens n’osent même pas dire tout bas, appuient là où ça fait mal : “les inconnus font mouche et rire parce que nous avons interprété des personnages dans lesquels le public pouvait se reconnaître, s’identifier, il s’agissait d’un humour au second degré. Cela a été possible parce que nous avions su prendre du recul et restituer la vibration du moment avec notre point de vue”.  
Les thèmes abordés au cours du “Alone Man Show” sont tous ceux auxquels il est sensible : métissage ( “J’ai la couleur entre deux chaises ”), racisme, religion, homosexualité, musique... Il est possible de rire de tout, l’humour est un regard sur le monde.  “Pour faire rire, il faut être sérieux ”. Pourtant il s’est toujours moqué de lui-même, a puisé son inspiration en observant les autres “je suis une vraie éponge ” avant  de les imiter.

Sur les planches

Le théâtre n’est pas en reste. Il se produit avec Mathilda May pendant trois ans à partir de 2008 dans “Plus si affinités”, pièce écrite à 4 mains puis à 6 avec Gil Galliot, leur metteur en scène, sur le thème des rencontres amoureuses. Fin mai, le rideau est tombé sur son spectacle “Alone Man Show” où il se glisse dans la peau de 25 personnages différents. “ Les personnes qui ont assisté à ces deux spectacles ont été surprises par la performance du premier et surprises par le mélange d’humour et d’émotion du deuxième ”, indique-t-il. “Un producteur du nord de la France est venu me voir à la fin du “Alone Man Show” en me disant qu’il était très touché : puis il s’est mis à pleurer et m’a avoué que c’était la 1ère fois qu’il versait des larmes dans un spectacle comique ”.

En coulisses

Il a toujours tenu la plume que ce soit pour lui-même ou pour les autres. Il a également mis en scène plusieurs pièces de théâtre... Il a doublé des voix pour des films et séries américaines... Le cuisinier du 4e volet de Shrek, c’est lui, tout comme le personnage de Shorty (interprété par Spike Lee) dans Malcom X, ou celui de Bosley (interprété par Bernie Mac) dans le 2e opus de Drôles de dames (Charlie’s Angels). “C’est un exercice différent, très difficile, je considère ce travail un peu comme un cours d’art dramatique : il faut réussir à faire passer toutes sortes d’émotions. Cela me permet d’entretenir mon outil de travail, ma voix”.  

Aujourd’hui, il a co-écrit, mis en scène trois spectacles pour le festival d’Avignon pour des humoristes, des textes de liaisons entre les chansons pour la chanteuse belge Zoé (il a été parolier pour Sacha Distel) et fourmille de projets. “C’est vrai, je fais beaucoup de choses. Il faut que je m’exprime, j’ai encore des choses à dire, peu importe la forme ”, conclut-il.

Sa notoriété au service de son engagement

Il y a quelques années, il a parrainé le programme Action Eau de la fondation WWF parce qu’il s’est engagé pour la préservation de l’environnement et notamment des ressources en eau : “ on a malheureusement tendance à crier au feu quand il est trop tard ”. Il reconnaît qu’il a utilisé sa notoriété pour faire avancer les choses. Il soutient actuellement, tout en restant discret, des opérations du Secours Populaire. Car c’est un artiste non people qui s’expose très peu, expert en camouflage ; il reprend le proverbe “pour vivre heureux, vivons caché ” qui lui va comme un gant. Son message pour les sociétairesL’argent est un bon serviteur et un mauvais maître. Etre pauvre sans dettes, c’est mieux que riche avec des soucis.• AD