Interview
Cyril Lignac : la passion est un art...

Cyril Lignac : la passion est un art...

C’est dans un loft lumineux, où gisent encore les à côtés de recettes que des enfants viennent de réaliser, que le chef Cyril Lignac, sociétaire de la Caisse d’Epargne Ile-de-France, nous accueille chaleureusement.

Vous êtes l’un des plus jeunes chefs actuels. Vous avez eu une ascension fulgurante et votre parcours fait rêver tous les jeunes apprentis. Racontez-nous…
Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait par passion : parce que j’aime mon travail et que je ne vis que pour ça. J’ai un parcours qui peut sembler atypique mais je n’ai pas du tout été programmé pour faire tout ça ! Comme beaucoup, j’ai fait mon apprentissage chez les plus grands Chefs. Un jour, alors que j’étais le Chef d’un grand restaurant, un client m’a proposé d’animer une émission de cuisine à la télévision ! J’ai accepté et ça s’est bien passé : j’ai été spontané et surtout je suis resté moi-même. à 33 ans, j’ai la chance d’avoir réussi et réalisé beaucoup de choses. On peut appeler ça de la fulgurance mais depuis 15 ans, je fais mon travail par passion et sans prétention. J’aime mon métier, c’est un moteur pour moi. Comme je suis un hyper actif et que j’aime entreprendre, que j’aime créer et avancer, je fonce ! Aujourd’hui, je pourrais très bien me reposer mais je pense que la vie mérite d’être vécue à 100%. C’est excitant de pouvoir encore évoluer, créer de nouveaux lieux, essayer de nouvelles tendances. Avec trois restaurants, mon atelier de cuisine et ma société de production, je gère et je maitrise tout mais j’ai de nombreux collaborateurs que je forme et en qui j’ai toute confiance. Eux aussi s’épanouissent avec moi : ils relèvent avec brio cette responsabilité ! J’ai bien sûr de grosses appréhensions mais l’être humain est un sportif ! Et un sportif, plus il s’entraîne, plus il avance. J’aime ces obstacles à franchir : ça fait partie de mon évolution. J’ai le goût de l’effort.
 

Depuis quelques années, vous avez élargi vos champs d’actions. En plus de la casquette de cuisinier, les chaînes de télévision se battent pour vous avoir à l’antenne. Comment arrivez-vous à concilier ces deux métiers bien différents ?
Je m’or-ga-nise ! Etre Chef de cuisine et entrepreneur à la fois est une gymnastique quotidienne de 9h à 1h du matin. Mais j’ai confiance en ceux avec qui je travaille. Je délègue beaucoup. Et heureusement, tout ne tombe pas en même temps ! Bien sûr c’est dans mes restaurants que je passe la majorité de mon temps. La télévision ne représente que 20% de mon activité. Le secret est de prendre du plaisir dans tout ce qu’on entreprend et c’est mon cas !

Sensible à la transmission ?
C’est très important la transmission du savoir parce qu’une fois qu’on nous l’a donné, quoi de plus beau que de le transmettre ? Partager ses recettes et désacraliser la cuisine : ce sont mes combats ! Intéresser des enfants, des jeunes "en marge" à ma cuisine, c’est un de mes autres combats. Pouvoir leur apprendre à cuisiner et leur donner le goût de ce que je fais, c’est grandiose pour moi ! Cela fait partie de ma vie, pleinement.

Parlez-nous de votre cuisine, comment vous inspirez-vous ? Comment vous est venue cette passion pour la cuisine ?
J’étais nul à l’école. Après mon brevet, on m’a présenté une liste de métiers, j’ai lu "cuisinier" et ça m’a plu. Ce qui m’a séduit c’est le côté ludique de la cuisine. J’ai alors trouvé très vite un sens à ma vie, trouvé un sens à l’école et à l’apprentissage. Puis un jour, je découvre un très bel article sur une femme Chef de l’Aveyron, il est illustré de photos magnifiques et de ses recettes. Je me suis dit "C’est fou ! C’est ce que je veux faire !" Mes grands-parents m’ont donné 500 francs. On est allé dîner chez cette Chef étoilée au Michelin. Ça a été pour moi une révélation. J’ai fais un apprentissage là-bas. Puis Paris… puis…